BOOSTER SA SANTE D’UN COUP DE FOURCHETTE, C’EST POSSIBLE ?

« Que ton aliment soit ton premier médicament » : cette punchline vieille de plus de 2 000 ans, attribuée à un certain Hippocrate n’a clairement pas pris une ride … Cancers, diabètes, problèmes cardio-vasculaires, maladies auto-immunes et neuro-dégénératives … Ces maladies de civilisation sont en explosion. La faute à pas de chance ou à l’allongement de l’espérance de vie ? Héritage empoisonné de Grand-Mère Julienne ?

Et si notre assiette pouvait enrayer tout cela ? Grisant mais utopique ? Allez, on fait le point.


DE L’HYPER-GENETIQUE A L’EPIGENETIQUE …


Tel le poumon dans le Malade Imaginaire de Molière, la génétique était, jusqu’à il y a peu, sur toutes les lèvres lorsqu’il s’agissait de dénoncer l’origine de la plupart des maladies de civilisation. Sujet de prédilection des scientifiques, les nombreuses découvertes telles que le séquençage de l’ADN, n’ont fait que confirmer son implication dans de nombreuses pathologies, mais elles ont aussi modulé sa toute-puissance, notamment grâce aux avancées de l’épigénétique. Epi quoi me direz-vous ? Littéralement : « au-dessus de la génétique », l’épigénétique est la science qui étudie l’influence de l’environnement et de l’hygiène de vie sur l’expression de notre ADN. Malheureusement, Fred et Jamie ont rendu leur tablier, mais, ce que vous devez retenir c’est que notre corps produit des substances qui vont favoriser ou inhiber l’expression de nos gènes en fonction de 5 grands facteurs : nutrition, activité physique, stress, plaisir et vie sociale[1]. Pourquoi je l’aime cette science ? Parce qu’elle nous redonne une part de contrôle sur notre santé. Tous les hommes de votre famille ont une calvitie donc vous pensez ne pas pouvoir y échapper ? Faux. Le diabète de type 2 est très courant chez les quinquas de votre lignée généalogique, alors il faudra y passer ? Encore faux. Certes, vous partez avec une prédisposition, un terrain favorable à ces pathologies, mais c’est à vous de jouer pour mettre toutes les chances de votre côté et les éviter. Votre arme ? L’hygiene de vie pardi ! Et je ne vous parle pas de régime Dukan ou de shots d’artichauts mais d’une approche globale et durable, incluant le contenu de votre assiette évidemment.


… EN PASSANT PAR LE VIEILLISSEMENT …


J’entends déjà des petits malins me dire : « Ok, mais dans ma famille, il n’y a ni diabète ni maladie cardio-vasculaire, donc je continue les Kébabs ! ». C’est là que ça se complique un peu car, que nous disposions ou non de prédispositions génétiques à certaines maladies, le facteur principal de développement des pathologies les plus graves est le vieillissement[2]. Prenons l’exemple du cancer du sein : le risque de développer un cancer du sein dans les dix ans passe de 1/2000 à 20 ans à 1/24 à 70 ans[2] alors que « seules » 2 femmes sur 1000 seraient porteuses d’une mutation sur les gènes BRCA1 ou du BRCA2, augmentant le risque de développer un tel cancer[3]! En vieillissant, nous tendons à être égaux face à la maladie, quel que soit notre bagage génétique. Mais alors comment fait-on ? Car si comme notre friend Joey, vous avez tenté de négocier de ne jamais dépasser les 30 ans, vous avez dû vous rendre à l’évidence, le compteur tourne … Eh bien, j’ai une bonne nouvelle pour vous. Nous pouvons agir sur le programme génétique du vieillissement. Pas de fontaine de jouvence impliquée dans ce processus, mais, une fois de plus, le contenu de votre assiette est clef. Les naturopathes le clament depuis longtemps mais la communauté scientifique ne s’y attarde que depuis peu et le professeur Valter Longo, mon gourou du moment, s’est attaché à le démontrer en isolant l’influence des sucres et des protéines dans l’activité des gènes accélérateurs du vieillissement. Son argument choc : en travaillant notre hygiène alimentaire, nous pouvons augmenter notre durée de vie de 30 ans contre 12 ans en soignant plus spécifiquement le cancer, les maladies cardiovasculaires ou le diabète[2]. Vous voyez d’un autre œil la bonne soupe aux poireaux de mamie Julienne là, non ?


… LA RÉVOLUTION ALIMENTAIRE EST A ENCLENCHER ...


Vous êtes désormais prêts pour révolutionner votre assiette et, il faut l’avouer, ça ne sera pas une mince affaire. Si l’on regarde la consommation de sucre en France, elle est passée de moins de 3kg[4]/an/habitants en 1850 à 35kg[5] en 2017. Pourtant, votre boîte à sucre a tendance à prendre la poussière au fond de votre garde-manger ? En réalité, cela est principalement dû à la consommation de produits dits ultra-transformés. Un chiffre pour illustrer ce constat : une bouteille de 700g de ketchup d’une marque américaine, que nous ne citerons pas ici, contient 8 tomates pour 22 morceaux de sucre[6]. Et le bilan est le même lorsque l’on regarde notre consommation d’acides gras saturés, de sel …


...AVEC DU HEALTHY QUI A POUSSE PAR ICI...


Alors on se lance dans le « bien manger » ? Jus de citron pressé le matin, choux kale à midi et quinoa avocat le soir ? La healthy food est tendance et l’on entend tout et son contraire. Tous les 6 mois, sortent un nouveau régime et un nouveau superaliment venant de l’autre côté du globe. Et si pour une fois, la vérité n’était pas ailleurs ? La Méditerranée vous connaissez ? Alors non, je ne me réfère pas au combo petit jaune/pétanque de l’été dernier mais plutôt au fameux régime méditerranéen. Ce régime millénaire, riche en légumes cuits et crus, fruits, céréales, légumineuses, oléagineux et poissons gras, a fait ses preuves et ne cesse de convaincre les experts scientifiques, nutritionnistes ... Il permet en effet de répondre à nos besoins énergétiques et apportent les nutriments nécessaires aux métabolismes de notre corps, au renouvellement cellulaire et nous procurent les vitamines et minéraux identifiés comme protecteurs (vitamine D, folates, anti-oxydants, polyphénols …). Ce régime est équilibré, savoureux, simple, issu de pratiques ancestrales, adapté à nos modes de vie et constitué d’aliments relativement disponibles sur notre territoire. Il nous rapproche de l’assiette de nos ancêtres et si c’est un détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup. Eh oui, notre alimentation ayant plus changé au cours des 50 dernières années qu’en l’espace de millénaires, notre organisme n’a pas encore eu le temps de s’y adapter et il faut le ménager pour améliorer digestion et éviter intolérances et maladies auto-immunes. Alors, Françaises, Français, échangeons notre avocado toast contre un bettravo toast et notre salade de quinoa contre une salade de pomme de terre.


...POUR SATISFAIRE VOS BESOINS ET VOS ENVIES


Epigénétique, vieillissement … à travers ce rapide overview de l’actualité scientifique en termes de nutrition, j’espère que vous aurez compris qu’une alimentation équilibrée n’est pas seulement intéressante pour être fit sur les plages l’été mais qu’elle constitue également l’un des piliers d’une vie longue en bonne santé. Notre corps est une splendide machine aux rouages perfectionnés qui peuvent néanmoins s’encrasser avec un carburant de mauvaise qualité. Mais voilà, déterminer le carburant le plus adapté à notre organisme n’est pas toujours chose aisée car il y a bien des années que nous avons perdu la notice d’utilisation de notre véhicule le plus précieux : le bon sens.

Le régime méditerranéen est une bonne base mais encore faut-il se l’approprier en tenant compte des saisons, des produits locaux et du bio. Et je parle d’appropriation car nous sommes tous différents et nos assiettes doivent l’être également. A travers les âges, les modes de vie, les personnalités, les différences de métabolismes et autres, il n’existe pas un programme alimentaire unique. Composition d’une assiette, fréquence des repas, … il convient de déterminer son propre régime de longévité et pour cela, il est parfois utile de se faire conseiller par un expert compétent, pour qui l’alimentation santé, qui n’est pas seulement fonctionnelle mais également sociale et émotionnelle, n’a plus de secret.

[1] Joel de Rosnay - Lien corps et esprit - Sciences et Avenir - hors série janv/fev 2019


[2] Pr Valter Longo - Le Régime de Longévité – Actes Sud - 2018


[3] https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Facteurs-de-risque/Predispositions-genetiques


[4] Payen A, 1857, De l’alimentation publique


[5] Raoult - Le sucre ajouté, un poison de masse ! – Le Point – Octobre 2017 - https://www.lepoint.fr/sante/la-verite-sur-le-sucre-19-10-2017-2165687_40.php


[6] 60 millions de consommateurs – Ces aliments qui nous empoisonnent - Hors-série - N° 125S - mai 2018

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Naturopathe Paris 11

Coach en hygiène de vie

Formée ISUPNAT

Certifiée FENA

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© 2023 par Suzie DESMET. Créé avec Wix.com